Mise en bouche et mise en jambe
7h50 : j’entre à Saint-Bonnet-le-Froid par l’ouest. Régis Marcon m’accueille au petit salon.
Devant nous, les prés d’un vert tendre, les arbres jaunissant à peine. Paul, le dernier de la famille, s’en va à l’école toute proche. Son père l’embrasse. Nous voici prêts à partir.
Tout d’abord, une promenade dans les bois, avec son ami Gilles Liège, grand mycologue et amoureux des vieilles espèces de fruits. Modeste, Régis Marcon se dit « chasseur de champignons ». En réalité, c’est un sacré connaisseur, armé de son bâton (pour écarter les feuilles) et de son Opinel (pour trancher les pieds). D’un geste précis, il fait apparaître deux petits cèpes serrés l’un contre l’autre. Très vite, je les croque (sur mon carnet !!!). Régis Marcon me regarde en souriant : avant d’être cuisinier, il voulait faire les Beaux-Arts.
La confidence est interrompue par l’arrivée d’un promeneur, le panier chargé de cèpes, pas peu fier de montrer au chef son butin… Plus haut, dans une clairière, nous partageons un inoubliable déjeuner sur l’herbe. Saucisson de montagne de Néné Chatelard, pain aux cinq céréales de Robert Celle, amoureusement cuit au four par Christophe, le chef pâtissier boulanger de l’auberge. Le petit chèvre d’Yvette Pucéat est parfait.Puis quelques tuiles aux lentilles vertes du Puy-en-Velay, celles que produit Pierre Ambert. Le tout arrosé d’un côte-du-Vivarais de Richard Vigne.
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