L’habit ne fait pas le moine
Pas étonnant, dans ces conditions, que les toits aient alimenté tant de littératures et tant de travaux en Auvergne.
Chacun y va de son point de vue. Au service de l’Inventaire, on ne cherche pas à affirmer, à cataloguer, à enfermer un bout de territoire dans une tradition figée. Ici, on étudie. Quitte à secouer quelques clichés. « Dans l’idée du public, il y a une logique de la tradition, mais l’idée de tradition ne remonte qu’au XIXe siècle, explique Marie-Blanche Potte. De tout temps, les savoir-faire et les techniques ont évolué, ont été colportés, déplacés.»
Démonstration avec l’église d’Orcival, l’une des plus belles églises romanes. Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’un touriste (attention, il peut être auvergnat...) porte son regard sur le clocher en lauze, voyant ici la preuve d’une tradition sagement préservée. Pas du tout ! Les lauzes ne sont arrivées qu’au début du XVIe siècle afin de remplacer les tuiles (dont deux sont au musée du Ranquet, à Clermont-Ferrand) après un incendie. Voilà ce que nous disent aussi les toits : l’habit ne fait pas le moine.
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