Le Festival de La Chaise-Dieu
Des milliers de mélomanes et d'artistes se retrouvent dans ce patrimoine exceptionnel.
Une acoustique étonnante, une programmation haut de gamme, une ambiance chaleureuse : tout concourt à offrir aux festivaliers des moments d'exception.
L'histoire commence en 1966, avec la première édition du festival, qui consiste en un unique récital du célèbre pianiste hongrois Georges Cziffra, accueilli par des bénévoles enthousiastes. Les orgues de l'abbatiale sont alors dans un piteux état et le pianiste offre une partie de son cachet pour la restauration de l'instrument, qui sera réalisée quelques années plus tard. Pendant de nombreuses années, le festival se construit ainsi autour de Cziffra et dure simplement le temps d'un week-end.
En 1976, Guy Ramona reprend les rênes et donne une nouvelle impulsion à la manifestation qui se hisse au rang des plus grands rendez-vous musicaux français. Le nombre de concerts augmente progressivement : une quarantaine environ aujourd’hui pour une fréquentation atteignant 25 000 personnes. Pendant les années 80, le festival se consacre spécialement à la musique française. Parallèlement, le répertoire s'ouvre largement à la musique sacrée, en adéquation avec le lieu cultuel qui l'accueille, mais est également un des premiers et plus fervents défenseurs de la musique ancienne et baroque exécutée sur instruments d'époque. La recherche de l'authenticité des interprétations, confiées aux meilleurs spécialistes, se double d'une volonté de recréation d'œuvres oubliées dans un équilibre avec des chefs-d'œuvre du répertoire. Dans les années 90, le festival innove encore avec des concerts avec « spatialisation », utilisant la tribune de l'orgue, le jubé, etc., la production d'opéras d'églises ou d'oratorios avec mise en scène ou mise en espace, sans oublier une production discographique régulière et la réédition de quelques partitions réhabilitées par des musicologues passionnés, ainsi que des créations contemporaines.
En 2003, Jean-Michel Mathé reprend le flambeau dans un souci de continuité, mais aussi d'ouverture et d'innovation. Clairement centré sur la musique sacrée, le répertoire s'élargit en particulier à la période classique lors de l'année Mozart, aux compositeurs post-romantiques, à la musique du xxe siècle et à des compositions récentes. L'équilibre entre œuvres connues et redécouvertes de la programmation est renforcé par des actions culturelles et pédagogiques (ateliers, stages, conférences, concerts gratuits, concerts scolaires, académies, rencontres, etc.).
Le festival s'est également élargi à d'autres lieux patrimoniaux exceptionnels
Sur les hauts plateaux du Livradois-Forez, au cœur de la Haute-Loire – « le Midi de l'Auvergne », le village de La Chaise-Dieu, et plus particulièrement l'abbatiale Saint-Robert, constitue le centre névralgique du festival. L'abbatiale accueille la plupart des concerts, et c'est ce lieu qui caractérise réellement cette manifestation, d'une part du fait de son acoustique remarquable, mais aussi par la qualité du mobilier et des ornements que l'on y trouve et qui témoignent de la richesse de l'art religieux à travers les différentes époques. On pourra ainsi y admirer le gisant de marbre du pape Clément VI, la célèbre Danse macabre, le remarquable ensemble de tapisseries, le buffet d'orgue (début xviiie), les 144 stalles en bois, etc.
L'origine de l'édifice remonte au xie siècle, lorsque le chanoine Robert de Turlande fonde à cet endroit le premier monastère Casa Dei, La Maison de Dieu. Plus tard, au xive siècle, un ancien moine de La Chaise-Dieu devenu pape en Avignon, Clément VI, décide de financer la reconstruction générale de l'édifice où il sera inhumé, conformément à sa volonté.
Un jubé de pierre sépare l'abbatiale en deux parties, si bien qu'à l'occasion des concerts du festival, plusieurs types de places sont proposés au public. Les places de chœur et les stalles bénéficient d'une vue directe et d'une excellente qualité d'écoute. Dans la nef centrale, la scène n'est visible que partiellement à travers la double porte au centre du jubé. Les places des nefs latérales ne disposent pas de vision directe de la scène. Les nefs latérales et centrales bénéficient d'un système de retransmission d'images sur écran ; les qualités d'écoute sont inégales et variables selon la place occupée et le programme musical.
La salle Cziffra, appartenant aux anciens bâtiments conventuels, accueille quant à elle quelques répétitions publiques et conférences de présentation de concerts.
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