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Église Notre-Dame-de-l’Assomption, à Montsalvy (Cantal)

Une des rares églises à conserver les caractères romans du XIe siècle

Au cœur de la Châtaigneraie cantalienne – à une trentaine de kilomètres au sud d’Aurillac et en limite du département de l’Aveyron – sur « la dorsale» dominant des gorges du Lot, le monastère de Montsalvy servait de lieu d’observation de la route, dangereuse, qui reliait Rodez à Carlat.

Le site de l’abbaye Montis Salvis est dominé par un rocher, le puy de l’Arbre, butte résiduelle comme on en rencontre beaucoup sur les hauteurs de la Châtaigneraie.

Selon un procédé classique, un bourg s’est constitué autour du monastère de Montsalvy et s’est rapidement entouré d’une bonne muraille dont il reste deux portes fortifiées. Par contre, il reste peu de vestiges de l’établissement religieux, en dehors de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. En 1060, un moine défricheur du nom de Gausbert, obéissant à la règle de saint Augustin, reçoit par donation de Beranger, vicomte de Carlat, « autant de terre qu’il en pourrait circonscrire en marchant de la première heure du jour à la cinquième ». Ce don lui permet d’implanter en  ces lieux une « sauveté », un refuge composé d’une église dédiée à Notre-Dame, d’un monastère et d’une hôtellerie. Dès cette époque, le monastère est rattaché à Saint-Géraud d’Aurillac. De  l’époque romane subsistent les piles de la nef et le chevet, alors que les voûtes ont été  reconstruites à l’époque gothique. Des chapelles latérales sont ouvertes au xve siècle dans le bas-côté septentrional ; la façade est refaite au xviiie siècle et le clocher au xixe.

Abandonnés à la Révolution, les bâtiments conventuels tombent en ruine et il n’en reste que très peu de vestiges : la salle capitulaire et l’ancien réfectoire des moines, du xive siècle.

Malgré divers remaniements ultérieurs, c’est un édifice très intéressant par son architecture et ses vastes dimensions. À noter que dans un des bas-côtés de l’église se dresse un Christ en bois (grandeur nature), « juponné à la manière romane » mais qui pourrait ne dater que du xve.

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