Centre culturel d’Ambert
Des estampes à l’œil !
Le Centre culturel d’Ambert ouvre une artothèque pour faire circuler une collection d’estampes réunies ces dix dernières années.
Au Bief, centre culturel qui rayonne depuis le pays d’Ambert, on aime faire vivre les belles traditions. Comme celle du papier qui a marqué l’histoire de la région ambertoise. Les moulins papetiers ont prospéré là jusqu’au début du XIXe siècle puis ont périclité en ratant le virage de la mécanisation.
Fort de sa mission de diffusion des arts vivants, l’équipe du Bief a donné, dès sa création il y a dix ans, une place particulière au papier support des arts graphiques. Et plus précisément à l’estampe traditionnelle étendue à la sérigraphie. « Je ne veux pas paraître vieux jeu, explique Lionel Zwenger, le directeur du Bief, pour justifier sa réserve face à la production numérique, mais j’attends de voir la durabilité des tirages d’imprimante… Je viens de l’estampe, univers dont j’apprécie la dimension artisanale. J’aime l’idée d’une filière courte, d’une proximité de la production, du marketing tenu à distance. ».
L’estampe est aussi le moyen par lequel on multiplie une image. « La gravure a d’abord servi à transmettre l’imagerie pieuse, puis à diffuser la culture par l’intermédiaire des reproductions de tableaux. Elle portait l’idée de la démocratisation de l’art et de la connaissance. » Des vertus qui encouragent Lionel Zwenger dans son projet de montrer des estampes. D’autant que cette technique n’a jamais occupé une place de premier plan dans notre pays. « C’est une culture du nord qui va avec les savoirs de l’orfèvrerie : outils fins, alliages, acides. En plus, le trafic des œuvres de Dali ou de Leonor Fini a porté un coup funeste à la lithographie. » Chaque année, il rénove dans le pays d’Ambert cette réputation salie et organise une ou deux expositions des œuvres d’artistes vivants qu’il fait venir sur place.
Des œuvres à prêter
Dès l’origine de cette initiative, il a été décidé de constituer un fonds. « On a toujours consacré un budget pour des acquisitions. Il est actuellement de 4 000 €, ce qui est modeste mais l’estampe reste abordable. Nos pièces les plus chères nous ont coûté 1 000 €. Nous achetons toujours une œuvre aux artistes que nous recevons et eux-mêmes nous en offrent une ou deux. Nous en avons aujourd’hui environ 120, qui datent de ces dix dernières années sauf, exception notable, une pièce des années 60 d’Albert Decaris, un artiste que connaissent les philatélistes car il est l’auteur d’une Marianne. »
Ce fonds est complété par une documentation, des livres qui renseignent en particulier sur les artistes représentés. Il y a une cinquantaine de volumes. Le Bief enfin a lui-même édité (dans les règles de l’art) une dizaine de livres ou de livre-objets et co-édité quelques catalogues.
L’ensemble est désormais suffisant pour prétendre constituer une artothèque où le public vient faire son choix d’œuvres dont il dispose pour un temps déterminé. On l’a baptisé « la Fœil », contraction de la feuille et d’œil. « Tout le monde, particulier, entreprise, collectivité peut emprunter. Les particuliers adhèrent en s’acquittant d’une cotisation de 15 €, ce qui permet d’emprunter deux œuvres tous les trois mois soit 8 œuvres par an. Elles sont encadrées, à l’abri de la poussière. Les emprunteurs sont priés de les placer hors des rayons directs du soleil ou de la lune et d’éviter les accrochages dans la salle de bain. »
Un service de médiation emmène également l’artothèque à l’école, du primaire au lycée. Deux ou trois œuvres sont prêtées pendant trois mois, le temps pour les enseignants de les étudier avec leurs élèves. Puis un artiste vient en classe, fait éventuellement une démonstration avec la presse à gravure. Enfin, les jeunes visitent l’atelier d’un graveur ou une exposition.
Car on grave le goût des Beaux-Arts d’autant mieux que le sujet est tendre.
Des cotisations « douces »
Les particuliers paient 15 € pour 8 œuvres par an s’ils habitent le territoire du Bief, 25 € sinon, les collectivités ou maisons de retraite 30 ou 50 € pour 12 œuvres par an, les entreprises 100 ou 150 € pour 15 œuvres par an.
Le Bief en chiffres
Le Bief, c’est 140 000 €de budget annuel, comprenant les salaires de trois permanents dont un CAE. C’est la contribution de 6 communautés de communes (du Pays d’Ambert, du Pays d’Arlanc, du Haut-Livradois, du Pays d’Olliergues, du Pays de Cunlhat et Livradois Porte d’Auvergne représentant 52 communes et 28 000 habitants), à hauteur de 1,5 € par habitant, soit 42 000 euros auxquels Ambert rajoute 30 000 €. L’État donne 18 000 €, la Région 25 000 €, le Département 10 000 €. Les recettes se montent à 15 000 €. Chaque année, 4 000 € sont affectées aux acquisitions.
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