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Marguerite de Valois, une reine en Auvergne

Marguerite de Valois, plus souvent appelée « Reine Margot », a séjourné pendant une vingtaine d’années en Auvergne.

Fille du roi Henri II (qui a régné de 1547 à 1559) et de Catherine de Médicis, Marguerite de Valois (1553 – 1615), plus connue sous le nom de reine Margot, sera la dernière représentante d’une dynastie qui régna sur la France de 1328 à 1589. Elle n’a pas accédé au trône mais son nom reste connu, en raison sans doute de ses qualités (elle était une forte personnalité, intelligente et cultivée), mais aussi pour les circonstances qui entourèrent son existence. Amours contrariées, morts violentes et trahisons à tous les étages : les ingrédients pour le roman étaient réunis, qu’Alexandre Dumas écrit deux siècles plus tard. En délicatesse avec toute sa famille, Marguerite a passé 20 années réfugiée en Auvergne.

Marguerite de Valois a 20 ans lorsqu’en 1572 est célébré au Louvre son mariage avec Henri, roi de Navarre, qui deviendra le futur roi Henri IV. Ils n’ont aucune affinité mais Charles IX, le roi, prétend offrir sa sœur aux Protestants - Henri est huguenot - en gage de paix. On ne sait pas si l’affaire était préméditée mais c’est pendant les fêtes accompagnant la noce, qui avait attiré à Paris la noblesse calviniste et réformée, que sont perpétrés les massacres de la Saint-Barthélemy. A la suite de ces événements, Henri de Navarre est retenu prisonnier et ne s’échappera que 4 ans plus tard.

Film La Reine Margot, de Patrice Chéreau, Pathé, photographe Luc Roux

Chassée de Paris

A la mort sans descendance du roi Charles IX, en 1574, le troisième frère de Marguerite devient roi sous le nom de Henri III (il règnera de 1574 à 1589). De son côté, Marguerite intrigue cependant pour que son frère cadet, le duc François d’Alençon accède au pouvoir au détriment de son autre frère, le roi Henri III. C’est sans doute pour cette raison qu’elle doit quitter Paris en 1583 ; elle part rejoindre son mari, le roi de Navarre à Nérac, dans l’actuel Lot-et-Garonne, où se tient sa cour. Les époux vivent là chacun de leur côté, le « Vert Galant » accumulant les maîtresses qui en veulent à Margot. Due peut-être à l’entourage d’Henri, la discorde oblige Marguerite à partir. Les chroniqueurs ont cependant retenu qu’à cette période, Marguerite se livre à la plus scandaleuse des conduites. Il faut indiquer qu’en cette fin du XVIe siècle troublée par les guerres de religion, le pamphlet est à la mode. La personne de Marguerite est particulièrement visée par la calomnie. Par elle, on souhaite discréditer la famille régnante.

Quoi qu’il en soit, en 1585, Marguerite, qui n’est pas en sécurité, rejetée tant par sa famille que par son mari, fuit à Carlat, dans l’actuel Cantal, où elle possède un fief. Elle séjourne dans le château fort qui lui appartient. Elle demeure là une année marquée par les difficultés financières. Pour décrire l’ambiance de ce temps, rappelons  que lorsque le gouverneur de la place, nommé Marzé, allié de Marguerite, meurt brutalement, d’aucuns disent que Marguerite l’a empoisonné.  Pour d’autres, c’est Lignerac, le propre frère de Marzé qui l’aurait tué par jalousie. Un peu plus tard, le même Lignerac poignardera à mort un jeune homme que Marguerite avait reçu dans sa chambre et la reine sera éclaboussée du sang de la victime…

Royale prisonnière

Bientôt menacée à Carlat, elle décide de se replier à Ybois, à l’est d’Issoire, dans l’actuel Puy-de-Dôme, dans un château qui appartient à sa mère. Parmi sa suite, Aubiac, son amant, l’accompagne. Mais ce refuge est un piège tendu par sa mère et son frère le roi Henri III. Les amants sont arrêtés. Aubiac est retenu au château de Saint-Cirgues, Marguerite à Saint-Amant-Tallende. Puis, en novembre 1586, elle est conduite au château d’Usson qui lui appartient. Elle passera près de 19 ans dans cette forteresse à triple enceinte.

Elle est dans un premier temps prisonnière, mais rapidement la situation va se retourner. Le Gouverneur d’Usson, le marquis de Canillac, Vicomte de Pont-du-Château, tombe vite sous son charme. Lui promettant son cœur, sa maison à Pairs ainsi que 2000 livres de rente d’une terre près de Senlis, Marguerite expédie le marquis à Paris en janvier 1587, muni de documents pour qu’il récupère les biens promis. Quand ce dernier arrive, il se rend compte qu’il a été précédé par un coursier détenteur d’une mettre de Marguerite, laquelle annonce qu’elle annule tout ! Sur place, Marguerite fait désarmer la garnison et la remplace par des hommes à elle. Alors elle devient la reine d’une petite cour qu’elle reconstitue dans ce château d’Usson qu’elle quitte peu. Nous sommes pendant les guerres de religion et dans la plaine, les batailles font régulièrement rage. Les temps sont durs puisqu’elle apprend l’exécution d’Aubiac. Sa propre vie ne vaut pas cher : sa mère, Catherine de Médicis, intrigue pour que son mari, Henri de Navarre, se convertisse au catholicisme, et se remarie avec une femme susceptible de lui donner un héritier. Comme Henri de son côté nourrit une violente passion pour sa maîtresse et souhaite l’épouser, le décès de Marguerite arrangerait tout le monde. Justement, on la dit malade…

Comme elle ne meurt pas, on songe pour elle au couvent. Son frère, le roi Henri III, a toutefois des scrupules. Mais bientôt les circonstances sont plus favorables pour Marguerite et des retours de fortune lui permettent de s’entourer d’intellectuels et d’artistes car elle s’intéresse aux idées et aux arts. Elle-même chante en s’accompagnant au luth. Au début de l’année 1589, Catherine de Médicis meurt, déshéritant sa fille. Pendant l’été, Henri III est assassiné. Marguerite serait l’héritière du trône si la loi salique ne lui interdisait d’y accéder. Son plus jeune frère, le duc François d’Alençon, ayant trouvé la mort quelques années plus tôt, la lignée des Valois est désormais éteinte. Une nouvelle dynastie, descendante elle aussi des Capétiens va naître, la dynastie des Bourbons et c’est son mari qui devient roi de France sous le nom d’Henri IV.

Châteaux rasés

Celui-ci revient à de meilleurs sentiments vis-à-vis de sa femme. D’abord elle lui est utile pour régler des différends avec des personnalités puissantes du royaume. D’autre part, puisque le sort ne veut pas faire de lui un veuf, il doit obtenir l’annulation de son mariage pour se remarier et avoir des héritiers légitimes. Pour cela il a besoin de Marguerite qui, de son côté, laisserait volontiers la place contre des compensations financières. En 1599, le mariage est annulé, et Marguerite obtient de porter le titre honoraire de reine de France. L’année suivante, Henri IV épouse Marie de Médicis qui lui donnera des fils, parmi lesquels le futur roi Louis XIII à qui Marguerite restée sans enfant léguera ses biens. Sur les conseils de Richelieu, le même Louis XIII commandera en 1633 la destruction de nombreuses forteresses susceptibles d’abriter des malfaiteurs ou des opposants au pouvoir. Parmi elles Usson, mais aussi Nonette, Vodable, et Ybois, autour de la plaine d’Issoire.

En 1605, à 52 ans, Marguerite quitte Usson pour regagner Paris où elle se fait construire un hôtel au bord de la Seine, face au Louvre.  Henri IV, magnanime, a épongé ses dettes, lui rend de nombreux domaines et, sa couronne affermie maintenant que les guerres de religions sont terminées, n’a plus aucun grief contre elle. La dernière des Valois qui a retrouvé sa place à la cour meurt en mai 1615, 5 ans après l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac.

Pour en savoir plus…

L’exil auvergnat de Marguerite de Valois, par Michel Moisan aux éditions Créer (1999) a fourni l’essentiel des informations de cet article.

Photo : Film La Reine Margot, de Patrice Chéreau, Pathé, photographe Luc Roux

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