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Le marquis de La Fayette, héros des deux mondes !

Le marquis de La Fayette (1757-1834) est l’un de ces Auvergnats qui ont marqué l’Histoire par le rôle majeur qu’ils ont joué lors d’événements clés, chamboulant la destinée des peuples. Inspiré par les philosophes des Lumières et par un idéal de liberté, il participe à la guerre d’Indépendance des Etats-Unis (1775-1783), puis devient un acteur primordial de la Révolution française, prônant une révolution modérée et la mise en place d’une monarchie constitutionnelle. Il tiendra de nouveau un rôle décisif lors de l’insurrection de juillet 1830.

Une famille aristocratique auvergnate de renom

Gilbert du Motier, dit marquis de La Fayette, est né au château de Chavaniac le 6 septembre 1757, en Haute-Loire actuelle. Issu d’une riche et illustre famille auvergnate, il devient orphelin à l’âge de 12 ans. La fortune de ses parents et son titre aristocratique lui permettront de disposer d’un revenu important par ses rentes, tout en lui facilitant l’accès aux plus importantes fonctions militaires.

Un héros de l’indépendance des Etats-Unis

La Fayette, nommé capitaine de l’armée française en 1775 à l’âge de 17 ans, embarque 2 ans plus tard pour l’Amérique à bord d’un bateau dont le nom, « La  Victoire », le prédestinait à un parcours militaire glorieux. Aux Etats-Unis, sur la terre de cette jeune nation dont les représentants ont proclamé leur indépendance vis-à-vis de la couronne anglaise depuis 1776 mais qui continue à se battre pour ses droits, La Fayette gagne la confiance des membres du « Congrès » des 13 Etats et de George Washington. Il se couvre de gloire en Virginie en se battant avec bravoure, et obtient le commandement des troupes américaines. Cet épisode lui confère une immense popularité outre-Atlantique. Il rentrera en France en 1779, obtenant de Louis XVI l’envoi d’un corps expéditionnaire pour soutenir les « Insurgents » américains, puis retournera aux Etats-Unis à bord de « L’Hermione », afin de participer aux préparatifs qui mèneront Washington à la victoire face aux Anglais à Yorktown, le 17 octobre 1781.

La célèbre expression « La Fayette, nous voilà ! » prononcée par le colonel Charles Stanton, au nom des américains venus soutenir la France en 1917 durant la guerre, est un clin d’œil au marquis et à l’aide qu’il a apportée, un siècle et demi plus tôt, à leur propre nation. La Fayette est depuis 2002 citoyen d’honneur des Etats-Unis.

L’implication politique en France sous la Révolution Française

Lors de la Révolution de 1789, La Fayette est député de la noblesse aux Etats Généraux, dont les membres se proclament « Assemblée nationale » dès juin 1789. Il souhaite offrir au peuple davantage de liberté, tout en maintenant la monarchie. Il prend les commandes de la Garde nationale après le 14 juillet 1789, et participe à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui sera adoptée le 26 août 1789. Les 5 et 6 octobre, lorsque les Parisiennes marchent sur Versailles pour réclamer du pain au Roi, La Fayette rejoint le mouvement populaire qui débouche sur le transfert de la Cour et de la famille royale à Paris, au Palais des Tuileries. Cependant sa popularité commence déjà à être mise à mal après sa contribution à la loi martiale, qui permet à l’armée de réprimander les émeutes de façon arbitraire.

Après les grandes journées de 1789, lors de la « Fête de la Fédération » du 14 juillet 1790, l’immense fête lors de laquelle des centaines de milliers de Parisiens et de citoyens venus de toutes les provinces, réunis au Champs-de-Mars, écoutent le serment du nouveau « Roi des Français », Louis XVI, jurer fidélité à la première Constitution du Royaume, document qui met fin à la monarchie absolue ; La Fayette, toujours commandant de la Garde Nationale, fait serment de fidélité « A la Nation, à la Loi et au Roi ». A partir de ce moment, pour les tenants d’une révolution modérée dont il fait partie, la Révolution est achevée.

Mais c’est sans compter sur la trahison de la famille royale qui n’accepte pas la Révolution et la limitation de son pouvoir. En juin 1791, Louis XVI et la famille royale prennent la fuite. Pour les révolutionnaires modérés, c’est la stupeur. Ceux-ci, dont La Fayette, font croire à la fiction d’un complot de l’étranger et « d’ennemis de la Nation qui auraient enlevé le Roi ». Louis XVI et la famille royale sont arrêtés à Varennes et ramenés à Paris. La Fayette est de ceux qui œuvrent pour le maintien de Louis XVI sur le trône tandis que des mouvements populaires demandent la déchéance du Roi. Et lors d’un des premiers mouvements favorable à la République, La Fayette donne l’ordre de tirer sur la foule, le 17 juillet 1791, à la suite d’un rassemblement populaire parisien pétitionnant contre la monarchie. Même si Louis XVI est maintenu momentanément sur le trône, cet épisode poursuivra la Fayette.

En 1792, alors que le pays est en guerre contre l’Empire d’Autriche et la Prusse, dernier expédient de Louis XVI qui a accepté de proclamer la guerre pour être secouru par des princes étrangers afin d’en finir avec la Révolution, accumulant les défaites, les révolutionnaires, Danton, Robespierre, Desmoulins lancent le 10 août une « révolution dans la révolution » qui conduit à la déchéance du Roi et à la proclamation de la République. La Fayette, alors général, n’accepte pas la fin de la monarchie et, accusé de trahison par les membres de la « Convention Nationale » (l’Assemblée républicaine nouvelle élue), s’exile jusqu’en 1800.

La Fayette et Napoléon, la Restauration et la Monarchie de Juillet

A son retour, peu après le coup d’Etat de Napoléon du 18 brumaire (9 novembre 1799), La Fayette s’installe dans un château, la Grange-Bléneau, dans la Brie. Affaibli politiquement, il fait le choix de se tenir à l’écart du gouvernement et de la capitale, tout en restant assez proche pour se tenir informé de la politique napoléonienne. Opposé à la prise de pouvoir brutale de Napoléon, le marquis refuse la proposition que ce dernier lui fait : rejoindre le Sénat et être légat des Etats-Unis. Il s’indigne lorsque Napoléon devient « Consul à vie », en 1802, puis lorsqu’il est sacré empereur en 1804. Il refuse également la Légion d’honneur, créée en 1802, que souhaitait lui décerner le frère de l’empereur, Joseph Bonaparte.

En 1814, Napoléon est vaincu par les troupes coalisées du Royaume-Uni, de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche. A la suite de son abdication, actée par le traité de Fontainebleau, il s’exile sur l’île d’Elbe. La Fayette rejoint alors Paris, pour soutenir Louis XVIII, frère de Louis XVI, qui accède au trône. C’est la période de la Première Restauration. Le marquis sera rapidement déçu par le nouveau gouvernement, ce dernier étant plus proche de l’Ancien Régime absolutiste que de la monarchie constitutionnelle dont il rêve. En 1815, durant les Cent-Jours, lors du retour de Napoléon, il joue un rôle primordial : il est élu député, après avoir été éloigné de la scène politique de longues années. Il intervient et use de son influence à la suite de la défaite de Waterloo pour que Napoléon se retire définitivement. Sous le règne de Louis XVIII lors de la Seconde Restauration, La Fayette, qui a préservé une grande notoriété, est de nouveau élu député. Il participe alors à maintenir les acquis de la Révolution, et s’oppose aux « ultras », monarchistes nostalgiques de l’Ancien Régime.

Quelques années plus tard, tandis que la monarchie se radicalise encore plus avec le règne du deuxième frère de Louis XVI, Charles X, lors de la Révolution de 1830 et des journées de juillet dites, les « Trois Glorieuses », qui chassent Charles X du pouvoir, il reprend à près de 73 ans les commandes de la Garde Nationale. Il favorise la prise de pouvoir de la branche « cousine » des Bourbons, la dynastie d’Orléans, et l’avènement de Louis-Philippe 1er, qui est, comme lui, un noble libéral attaché aux valeurs de la Révolution. C’est le début de la « Monarchie de Juillet ». La Fayette meurt 4 ans plus tard, en 1834, laissant derrière lui un parcours politique à la fois critiqué et admiré.

Hommage à Chavaniac

Aujourd’hui, un espace muséographique rend hommage à ce grand personnage auvergnat, à Chavaniac-Lafayette, dans le château de son enfance, propriété du Conseil général de la Haute-Loire. Le « Château La Fayette » également appelé « Manoir des deux mondes » est un édifice médiéval datant du XIVe siècle, remanié à plusieurs reprises. Dans ce lieu emblématique, les murs, les objets et les témoignages permettent de retracer la vie du marquis et de découvrir son univers.

 

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