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Jules Vallès : une vie de militant

Jules Vallès

Des bancs de l’école du Puy-en-Velay jusqu’à son dernier souffle, Jules Vallès n’aura transigé sur rien de ce qui faisait ses idéaux, ses valeurs et ses engagements tout à la fois d’écrivain, d’homme de presse et de politique.

Le 14 février 1885, alors qu’il a à peine 53 ans, Jules Vallès, écrivain, journaliste, homme politique d’extrême gauche, mourrait dans un appartement au 77 du boulevard Saint-Michel après des semaines de maladie. Sur son lit de mort, à qui et à quoi pense-t-il ? Au Cri du Peuple, le dernier journal politique et social qu’il a créé avec le socialiste Pierre Denis en 1871. Après avoir fait venir les journalistes qui continueront son œuvre après son départ, il s’éteint sans avoir acquis ni gloire ni fortune durant sa vie de militant et d’auteur, mais en ayant été, comme il le dit lui-même, « mêlé aux grandes tragédies publiques ».

« Moutard »

Quels sont chez lui les parcours de L’Enfant et du Bachelier, titres des deux romans qu’il publiera sous le nom de Jacques Vingtras ? Né place de la Plâtrière au Puy-en-Velay le 11 juin 1832, Jules Vallès y effectue une partie de sa scolarité avant d’entrer au collège de Saint-Etienne en 1840, puis au collège royal de Nantes en 1846 où son père, qui prépare l’agrégation de grammaire, a été recruté. En février 1848, occasion est donnée à cet élève déjà rebelle de participer à l’insurrection révolutionnaire qui arrive jusqu’à Nantes. Le dimanche 27 février, alors que la place Royale est débaptisée et plantée d’un arbre de la Liberté, Vallès pousse des « hourras » et arpente les rues en agitant un drapeau. Le jeune Jules se situe déjà sur l’aile la plus extrême de cette jeunesse. Un autre élève, Charles-Louis Chassin, fonde le « Club républicain de la jeunesse de Bretagne et de Vendée ». Jules Vallès y apporte ses idées radicales : suppression du baccalauréat, liberté absolue de l’enfance… On le traite de « moutard » ? Il rétorque : « J’ai l’âge de Bara et de Viala, j’ai lu Jean-Jacques et je veux mourir comme Saint-Just. » Une implication dans le mouvement du monde qui ne l’empêche pas d’avoir le premier prix d’excellence cette même année.

En septembre, son père qui sent sa carrière menacée par les incartades de son fils et rêve pour lui de l’Ecole normale l’inscrit au lycée Bonaparte (actuel lycée Condorcet). Mais la fréquentation du Paris des ouvriers l’intéresse davantage que ses études et cet élève brillant est quoi qu’il en soit en rupture avec l’ordre social et politique tel qu’il est véhiculé par le corps enseignant. Ayant échoué, il est rapatrié à Nantes. En 1850, après deux échecs au baccalauréat, c’est le retour à Paris. Jules Vallès renoue avec le Quartier latin et son ami Chassin avec lequel il monte un Comité des jeunes pour lutter contre Louis-Napoléon Bonaparte. Jules Vallès se positionne en faveur des plus pauvres et de la violence. Solide physiquement, courageux, il arbore un teint de cuivre et des yeux noirs et sa voix « casse les vitres ».

L’Insurgé

En décembre 1851, le père de Jules Vallès, qui craint toujours pour sa réputation, fait interner son fils pour « aliénation mentale ». Jules en sort 2 mois plus tard, après une « guérison miraculeuse », dixit le médecin, qui découle davantage de la pression mise par les amis de Jules sur son père. En avril 1852, il obtient enfin son baccalauréat. On le retrouve en 1853 faisant son droit, mais plutôt contraint de faire tantôt le déménageur, tantôt le maçon pour gagner quelques sous supplémentaires. Il finit par écrire des articles de dictionnaire. Le 5 juillet, il participe à un attentat raté contre Napoléon III et est incarcéré pendant plus d’un mois à la prison politique de Mazas. En 1855, il devient secrétaire du critique littéraire Gustave Planche qui l’aide à aiguiser son esprit. Alors que son premier livre, L’Argent, est sous presse, le père de Jules décède en avril 1857. La place est enfin libre pour que s’affirme L’Insurgé qu’il est, du titre du dernier opus de la trilogie, démarrée avec L’Enfant, qui paraîtra après sa mort en 1886.

En 1860, il entre comme « expéditionnaire » au bureau des naissances de la mairie de Vaugirard. De 1862 à 1863, il devient pion à Caen, ce qui lui permet de fuir ses créanciers parisiens. Puis il revient à la mairie de Vaugirard. Il « vend » un article à la rédaction du Figaro, ce qui lui ouvre les portes du Progrès du Lyon où il récupère la rubrique littéraire. A la suite d’une conférence qu’il donne devant le Grand Orient sur Honoré de Balzac, le ministre de l’instruction publique s’agace de ses « digressions politiques blâmables ». Jules Vallès est renvoyé de la mairie de Vaugirard et doit bientôt arrêter sa collaboration avec Le Progrès. En 1865, il travaille au Figaro, à L’Epoque et L’Evénement, et entre à la Société des gens de lettres. Il publie l’année suivante un premier livre sous son vrai nom : Les Réfractaires.

Appel au peuple

Mais ses articles dans les journaux agacent le pouvoir et il se sent seul « dans un monde de sceptiques et de nonchalants ». Il veut fonder son propre journal. En 1867 paraîtra La Rue, « journal pittoresque de la vie des rues », qui cesse de paraître en 1868 ; le ministre de l’Intérieur lui a refusé son visa. Un article sur les méthodes des sergents de ville vaudra à Jules Vallès 2 mois de prison à Sainte-Pélagie, où il créé Le Journal de Sainte-Pélagie. En sortant, il éditera successivement deux journaux, Le Peuple, puis Le Réfractaire. En mai 1869, il est candidat aux législatives. Son programme : « être le député de la misère ». Il essuie un échec cuisant. En 1870, La Rue est relancée.

En 1871, il fait partie des quatre rédacteurs de l’Affiche rouge : un appel à la formation de la Commune de Paris, après la chute de l’Empire, l’installation de la République et d’un Gouvernement de la Défense nationale. En février, il fonde Le Cri du Peuple. En mars, il est élu à la Commune. On le nomme à la tête de la Commission de l’enseignement, un rêve pour l’élève révolté qu’il a été, et il prend position pour la liberté de la presse. Jules Vallès survit à la Semaine sanglante qui met fin à la Commune de Paris et s’exile fin août 1871 vers la Belgique. Condamné à la peine de mort par contumace, il vivra ensuite à Lausanne puis à Londres jusqu’à son retour à Paris en juillet 1880, après son amnistie.

Fin 1883, il relancera Le Cri du Peuple où, précurseur, il en appellera à « la Foule » pour qu’elle écrive au journal et participe à la rédaction.

Site Internet : www.julesvalles.com

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