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Gerbert d’Aurillac, pape humaniste de l’an 1000

Gerbert d’Aurillac, savant, diplomate et homme d’Eglise, qui sera connu en tant que pape sous le nom de Sylvestre II, a marqué le Xe siècle.

Gerbert d’Aurillac serait né dans une famille très modeste vers 945 dans le hameau de Belliac, commune de Saint-Simon, traversée par la Jordanne, dans l’actuel département du Cantal. Dès son plus jeune âge, le petit pâtre est accueilli à l’abbaye voisine d’Aurillac fondée par saint Géraud et dotée d’un célèbre scriptorium (l'atelier dans lequel les moines copistes réalisaient des livres copiés manuellement, avant l'introduction de l'imprimerie en Occident).

Vers 967, frappés par ses grandes capacités intellectuelles, les moines bénédictins confient Gerbert à Borrell II, comte de Barcelone venu en pèlerinage sur le tombeau de saint Géraud, afin qu’il complète son enseignement auprès de Hatton, évêque de Vich. Gerbert apprendra au contact de ce grand érudit catalan la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et la musique, et découvrira les grands mathématiciens arabes et les savants de Cordoue.

Gerbert d'Aurillac - Pape Sylvestre II

Ecolâtre à Reims

Vers 970, il accompagne l’évêque Hatton et le comte de Catalogne qui effectuent une visite à Jean XIII à Rome. Très impressionné par le talent du jeune homme, le pape le recommande à Otton 1er, l’empereur du Saint Empire Romain Germanique, comme précepteur du futur Otton II. Gerbert restera à Rome, où arrive bien vite Garamnus, archidiacre de Reims très versé dans la logique, discipline que Gerbert rêve d’apprendre. Un enseignement commence, que Gerbert poursuivra en suivant son maître à Reims au risque de quitter sa brillante position à la cour. Il y devient « écolâtre » (responsable de l’école), remet sur le devant de la scène les maîtres gréco-latins, et invente un abaque (instrument de calcul) avec des chiffres arabes, qui facilite la multiplication et la division…

L’école de Reims devient bientôt la plus célèbre du royaume, suscitant admiration comme jalousie. Otrik, écolâtre en Saxe, critique ainsi ouvertement son homologue rémois devant Otton II qui invite son ancien précepteur à venir se défendre dans un débat public à Ravenne, organisé en 981. Devant le succès remporté par Gerbert, l’empereur lui confie l’abbaye de Bobbio, dans la province de Plaisance. Gerbert y découvre les trésors d’une des plus formidables bibliothèques de manuscrits d’Occident (qui inspira Le Nom de la rose à Umberto Eco). Mais fatigué par les intrigues, Gerbert retourne à son école de Reims à la mort d’Otton II, en 983.

Gerbert d'Aurillac - Pape Sylvestre II

Fin diplomate et fidèle

Le savant Gerbert se mêle depuis toujours de politique. Fidèle secrétaire de l’archevêque de Reims, Adalbéron, qui aspire à un vaste empire d’Occident dirigé par les Ottoniens, il est aussi un proche d’Hugues Capet, duc des Francs, dont il a éduqué le fils, futur Robert le Pieux. Dans le conflit qui oppose la dynastie carolingienne (fondée par Charlemagne) déclinante et les futurs « capétiens », Gerbert joue un grand rôle en coulisses, rôle qui aboutit, en 987, au sacre d’Hugues Capet comme « Roi des Francs » après la mort du dernier roi carolingien, Louis V, qui régna à peine un an (986 – 987) et disparut sans héritier.

Hugues 1er prend Gerbert comme secrétaire mais lui refuse la nomination comme archevêque de Reims, lui préférant une candidature plus « politique », celle d’Arnoul, fils naturel du défunt roi Lothaire (roi des francs de 954 à 986). Ce n’est qu’en 991, après une trahison d’Arnoul, que Gerbert accèdera aux fonctions épiscopales… pour une poignée d’années seulement car le pape, qui soutient le fils de Lothaire, parviendra à le destituer.

En 996, Gerbert devient le précepteur d’Otton III, qui vient d’être sacré empereur à 16 ans. C’est cette famille dont il fut un fidèle qui permettra à Gerbert d’accéder aux plus hautes marches de l’église. En 998, Otton III le nomme archevêque de Ravenne. Puis, à la mort de Grégoire V, en janvier 999, Gerbert accède au siège papal, sous le nom de Sylvestre II. En quatre années de pontificat, il va jeter les bases d’une Eglise universelle, créant notamment les Eglises de Hongrie et de Pologne.

Il mourra le 12 mai 1003, laissant derrière lui le souvenir d’un humaniste, intellectuel et homme d’action, plus que celui d’un mystique.

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