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Georges Couthon, du rêve démocratique à la Révolution

Georges CouthonS'il n'est pas le plus connu des Conventionnels, l'Auvergnat Georges Couthon prit une part active à la Révolution Française. Condamné à mort avec Saint-Just et Robespierre, il fut guillotiné le 28 juillet 1794, à l'âge de 38 ans.

On loua l’éloquence de Georges Couthon et son commerce agréable, mais il rédigea une loi qui supprimera défenseurs et témoins au Tribunal révolutionnaire : loi dite de la "Grande Terreur". Sa mémoire en sera durablement ternie… Pourtant, des historiens assurent que le texte de Couthon réduisait l'arbitraire mais qu'il fut saboté pour discréditer Robespierre, dont Couthon était un fidèle. Originaire d’Auvergne, il a, en tout cas, joué un rôle majeur à l’époque révolutionnaire.

Avocat au barreau de Clermont

Georges Auguste Couthon est né à Orcet le 22 décembre 1755. Joseph, son père, est notaire. Second enfant d'une fratrie de quatre, il embrassera lui aussi le droit mais c'est son frère aîné Pierre qui prend la succession de leur père, comme c'est l'usage. Aussi choisit-il la profession d'avocat. Il suit des études à Riom, puis à Reims, et s'installe à Paris en avril 1781. Peut-être a-t-il des difficultés à se faire une clientèle, car il revient en Auvergne.

Au printemps 1783, il est avocat stagiaire au barreau de Clermont-Ferrand et il loge dans un appartement du 18 rue Ballainvilliers. Reçu avocat en 1785, il se distingue par son éloquence et son affabilité. C'est aussi un homme généreux qui donne aux pauvres des consultations gratuites. Franc-maçon dès l'hiver 1786, il adhère à la Société littéraire de Clermont-Ferrand à l'automne 1787. Sa bonne réputation lui vaut d'être l'un des trois avocats - avec Jean-François Gauthier de Biauzat - désignés, en novembre 1787, pour former le conseil judiciaire adjoint à l'assemblée du Tiers état, à l'Assemblée provinciale. En participant à cette instance qui veille à la fiscalité et à la réforme de l'administration publique (le sens du terme "Tiers état" changera avec la Révolution), Couthon entre en politique.

Des idées démocratiques

Sa vie personnelle est marquée par un grave problème de santé. Il souffre de douleurs articulaires depuis l'enfance. Il perdra progressivement l'usage de ses jambes et se déplacera à la fin de sa vie dans un fauteuil roulant. Il fonde toutefois une famille en épousant en janvier 1787 Marie Brunel, originaire comme lui d'Orcet et avec laquelle il aura deux garçons. Conseiller municipal de Clermont-Ferrand dès juillet 1789, il est élu troisième officier municipal de la ville en janvier suivant. Gauthier de Biauzat, le maire, représentant le département aux Etats généraux, Couthon préside souvent le conseil municipal. Partisan de la Révolution, il est un des initiateurs de la "Société des Amis de la Constitution" affiliée au club des Jacobins, en mars 1790. En novembre, il devient juge président du tribunal du district de Clermont-Ferrand.

En septembre de l'année suivante, il est élu député du Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative. Il s'installe à Paris, dans une maison de la rue Saint-Honoré où demeure Maximilien de Robespierre. S'il a besoin d'une canne pour marcher, il manifeste lorsqu'il s'exprime une aisance remarquée à l'Assemblée. Il y émet des idées très démocratiques et fait adopter une simplification du cérémonial à observer lors de la venue du Roi. En mai 1792, il se montre même véhément contre la Cour, qu'il désigne comme le « foyer de toutes les conspirations contre le peuple ». Aussi se félicite-t-il de la chute de la royauté, le 10 août, depuis la Flandre où sa santé précaire l'a conduit pour prendre les eaux. Mais il condamne les Massacres de septembre au cours desquels 1 200 à 1 400 prisonniers sont tués par une foule décidée à faire justice elle-même.

Réélu député du Puy-de-Dôme à la Convention nationale le 6 septembre, Couthon essaie d'éviter de prendre parti dans l'opposition des Montagnards et des Girondins mais, proche de Robespierre, il rejoint les bancs de la Montagne en fin d'année.

Georges Couthon

Pour le Roi, la mort

A l'issue du procès de Louis XVI, début 1793, il vote la peine de mort sans appel ni sursis. Il est l’un des rédacteurs de la Constitution de l’an I de la République, qui concentrait les pouvoirs entre les mains d'une assemblée renouvelable tous les ans au suffrage universel (masculin) direct. Elle ne sera jamais appliquée.

Au printemps 1793, pour faire face aux dangers d'invasion et de guerre civile qui menacent la République, la Convention créé le Comité de salut public, organe susceptible de surveiller et d'accélérer l'action des ministres. Couthon, qui en est membre, réclame des mesures contre Lyon révoltée. Pendant l'été, il sera envoyé en mission pour faire rentrer la ville dans le rang. Il y mène une répression modérée mais refusera de la détruire. Il ne rentre à Paris qu'à la fin d'octobre et n'a donc pas assisté, le 20 septembre 1793, à la présentation devant la Convention de ce qui deviendra bientôt le calendrier révolutionnaire par un autre Auvergnat, le Riomois Charles-Gilbert Romme.

En Mai 1794, il défend le décret présenté par Robespierre d'après lequel la République française reconnaît l'Être suprême. La cathédrale de Clermont-Ferrand porte encore la trace de ce culte inspiré par les idées des philosophes des Lumières, et qui rencontra un grand succès en France. Au-dessus de la porte nord, on lit l'inscription peinte « Le peuple français reconnoit l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme ».

Fidèle de Robespierre jusqu’à l’échafaud

En co-rédigeant la loi du 22 prairial (10 juin 1794), dite de la "Grand Terreur", et dont il est le rapporteur, Couthon réorganise le Tribunal révolutionnaire. Cette juridiction extraordinaire , née du tumulte de la guerre des puissances royales coalisées contre la jeune République et de la guerre civile entre partisans de l’Ancien Régime et ceux de la Révolution aura jugé, en moins de 28 mois d'activité, 2 807 personnes dont 2 742 seront condamnées à mort. La loi du 22 prairial va ternir durablement la mémoire de Couthon. Pourtant, des historiens s'accordent à dire qu'elle prévoyait un contrôle des poursuites engagées devant le Tribunal révolutionnaire, mais qu'elle fut sabotée par les adversaires de Robespierre pour le discréditer.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les députés modérés fomentent une conjuration contre les membres robespierristes du Comité du Salut Public pour en finir avec la Terreur. Georges Couthon est accusé de former avec Robespierre et Saint-Just un triumvirat aspirant à la dictature. Exécuté le 10 thermidor avec Robespierre et ses partisans, il monte le premier à l'échafaud.

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