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George Onslow, le plus auvergnat des Anglais

Célèbre auteur de musique de chambre que l’on baptisa le « Beethoven français », George Onslow vécut la plus grande partie de sa vie non loin de Clermont-Ferrand. Il se partagea entre deux destins : celui de compositeur et celui de gentleman-farmer.

Au milieu du XVIIIe siècle, l’Auvergne, isolée et pittoresque, attire beaucoup les Anglais. Le père de George Onslow, Edward Onslow, arrive à Clermont en novembre 1781, vraisemblablement à la suite d’un scandale familial. Il est le descendant d’une des familles les plus distinguées du Royaume-Uni – son père est le neveu du président de la Chambre des Communes. Edward Onslow s’installe dans un hôtel particulier rue des Carmes à Clermont-Ferrand. Il se marie bientôt à une Française, Marie-Rosalie de Bourdeilles, unique héritière de la famille Bourdeilles-Brantôme, dans le Périgord, et est naturalisé. Ils vont avoir quatre garçons : le premier, George, naît le 27 juillet 1784. Il sera suivi par Arthur, Maurice et enfin Auguste en 1790. C’est d’ailleurs à la faveur de cette dernière grossesse, en mai 1789, que le couple fait l’acquisition du domaine de Chalendrat, entre Mirefleurs et Busséol dans le Puy-de-Dôme.

En 1793, sous la Terreur, Edward est arrêté par le district de Clermont en vertu d’un décret applicable à tous les Anglais établis en France. La note du comité de surveillance dit de lui qu’il a un « caractère doux, philanthrope, très charitable et populaire ». Il sera emprisonné arbitrairement pendant 4 semaines, puis mis en résidence surveillée chez lui. Ce n’est qu’au bout de 13 mois que sa condamnation sera annulée. En 1797, avec le retour des Jacobins au pouvoir, c’est aussi le retour de la politique de répression contre les immigrés. On le soupçonne de complot. Il part à Lyon, puis Paris. Il est finalement expulsé de France en 1798.

George Onslow, le plus auvergnat des Anglais

Maire de Mirefleurs

George va seul accompagner son père entre 1798 et 1806 dans un exil qui va prendre pour lui la forme d’un voyage d’étude. Alors âgé de 14 ans, il a déjà une vocation artistique affirmée, héritée vraisemblablement de sa mère. Bien que George joue très bien du forte-piano, son père ne voit alors dans ce talent pour la musique qu’une façon de « remplir les moments perdus d’un jeune homme dans le monde ».

Il lui permet toutefois de prendre des cours auprès de plusieurs maîtres qui enseignent à Londres : Dussek, Hüllmandel et Johann Baptist Cramer, considéré comme le fondateur de l’école de piano moderne. George parfait sa formation d’instrumentiste en Allemagne et en Autriche. Il jouera également du violoncelle en amateur avec quelques amis. Mais ce n’est qu’à 22 ans qu’il s’autorise à composer trois quintettes, après l’écoute de l’ouverture de Stratonice, un opéra de Méhul.

Le succès auprès de son entourage est immédiat. Il complète alors ses connaissances théoriques aux côtés d’Anton Reicha qui restera son unique maître de composition. Avec 36 quatuors et 34 quintettes, George Onslow, baptisé « le Beethoven français », alimentera les sociétés de concert de l’Europe entière pendant plusieurs décennies.

En juillet 1808, George Onslow épouse Delphine de Fontanges, héritière d’une vieille famille d’Auvergne. Ils auront un garçon et deux filles. En dépit de la carrière éblouissante que le compositeur va mener, il ne quittera pas son Auvergne natale. Très généreux, il y organise des concerts de bienfaisance, participe aux bonnes œuvres et s’impliquera fortement en faveur de la pratique de la musique. Il exercera même les responsabilités de maire de Mirefleurs entre 1817 et 1821, puis de conseiller municipal de 1829 à 1837.

Quintette « de la Balle »

George Onslow gère sa propriété en vrai gentleman-farmer, s’occupant de ses vignes et ne négligeant pas la chasse. C’est ainsi à l’occasion d’une chasse au sanglier en Nivernais à l’été 1829 qu’il est victime d’un accident. Une balle perdue lui déchire l’oreille gauche et traverse le cou. Il survit mais devient sourd de cette oreille. En 1830, il écrira le Quintette n°15 «  de la Balle », en même temps que sa première symphonie. En 1842, il rentrera à l’Institut (l’Académie des Beaux-Arts de Paris).

A la fin de sa vie et bien qu’ayant presque complètement perdu l’usage d’un œil, George Onslow garde intactes ses capacités d’improvisation. Il meurt à Clermont le 3 octobre 1853.

Les Onslow ont vécu à Chalendrat, mais également à Bellerive, château situé sur la commune de la Roche-Noire hérité par Delphine en 1838 et aujourd’hui disparu, tout en conservant des appartements à Clermont : tout d’abord place Michel de l’Hospital, puis au numéro 2 de la rue Pascal, où George Onslow décèdera. Sur la plaque de sa tombe au cimetière des Carmes, on peut lire cette phrase d’Hector Berlioz : « Depuis la mort de Beethoven, il tient le sceptre de la musique instrumentale. »

Onslow retrouve l’opéra de Clermont

Disparu après la précédente rénovation de l’opéra de Clermont-Ferrand, au milieu des années 60, un portrait de George Onslow réalisé par Louis Retru en 1915 va réintégrer le foyer de l’opéra. Cette huile sur toile a été restituée par un mystérieux  « amateur » qui avait également en sa possession deux autres médaillons du même type, représentant respectivement Jean-Philippe Rameau et Emmanuel Chabrier, qui seront replacés eux aussi dans la salle courant 2015.

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