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Blaise Pascal « l’arvernus »

Blaise Pascal se sentait Auvergnat. Bien que celui qui fut tout à la fois mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien n’y résida que durant les 7 premières années de sa vie et n’y revint que 3 fois pour un séjour prolongé, une anecdote témoigne de son attachement à sa terre d’origine : il a signé l’une de ses machines arithmétiques d’un « Blasius Pascal arvernus ». Et ne parle-t-il pas de « notre » ville de Clermont dans une lettre à son beau-frère Florin Périer ?

Blaise Pascal

Un génie précoce

Blaise Pascal naît le 19 juin 1623 dans l’hôtel de Vernines, l’un des plus spacieux de la ville de Clairmont (futur Clermont-Ferrand) qui jouxte la cathédrale. Acquise par son père Etienne en 1614, la demeure familiale donne sur la rue des Gras et celle des Chaussetiers et comprend « chambres, chapelle, boutiques et écuries ». Etienne Pascal, dont le propre père a été trésorier de France, est conseiller du Roi pour le Bas-Auvergne. Il deviendra par la suite second président de la Cour des aides de Montferrand avant de devenir intendant de Normandie. L’église Saint-Pierre, à l’emplacement actuel du marché du même nom, a été choisie par lui comme baptistère de la famille.

La mère de Blaise, Antoinette Begon, fille d’un marchand de grain fortuné originaire de Gerzat, meurt quand il a trois ans. Etienne, féru d’arithmétique, de langues mortes et de droit, décide de s’occuper seul de l’instruction de son fils, enfant fragile mais doté d’une mémoire extraordinaire, et de ses deux sœurs, Gilberte, qui a six ans, et Jacqueline, bébé d’à peine un an. En 1631, Blaise quitte Clermont pour Paris avec sa famille. A 11 ans, il compose un Traité des sons, suivi d’un Essai sur les coniques quand il a 16 ans. A 19 ans, il invente la calculette mécanique ou pascaline, dont il construira une vingtaine d’exemplaires, dont deux sont au musée Lecoq de Clermont-Ferrand. Il contribuera également à l’étude des fluides, clarifiera les concepts de pression et de vide, qui permettront l’avènement de la presse hydraulique. En 1654, il met au point une méthode de résolution des « problème des partis », qui ouvrira la voie au calcul des probabilités.

 

Blaise Pascal

Conversion

La même année, son destin prend un tournant : un accident de carrosse dont il réchappe marque le début de sa conversion mystique, même si le jansénisme le fascine depuis 1646. Il décide de se consacrer à la réflexion philosophique et religieuse, écrit les Provinciales puis travaille à un grand œuvre théologique qui restera inachevé, publié après sa mort sous le titre de Pensées. D’un naturel orgueilleux et irascible, Blaise Pascal devient doux et humble. Il effectue des allers et retours avec Port-Royal où sa sœur Jacqueline est devenue moniale, et rompt en 1659 avec la vie mondaine qu’il menait jusqu’alors. Cette même année, cet érudit dont la santé fut précaire tout au long de sa vie tombe sérieusement malade. Brouillé depuis 2 ans avec Port-Royal, il meurt le 19 août 1662 à Paris.

Il sera revenu à Clermont pour trois longs séjours. En mai 1649, son père fuit la Fronde et s’installe rue du Terrail chez sa fille Gilberte jusqu’en novembre 1650. Blaise en profite pour compléter, à l’aide d’une vessie de carpe gonflée, l’expérience sur la pression de l’air réalisée par son beau-frère Florin Périer au puy de Dôme un an plus tôt. En novembre 1652, Blaise rejoindra seul le château de Bien-Assis, la nouvelle demeure des Périer, afin de régler la succession de son père décédé un an plus tôt. Il fréquentera alors « une précieuse Clermontoise » d’une grande beauté qu’il appelle « la Sapho de la campagne » avant de repartir pour Paris en mai 1653. C’est un Pascal malade et anéanti par les 22 jours de voyage qui revient à Bien-Assis en mai 1660 pour quatre mois de repos. Il y écrira « Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies ».

Aucune trace

La capitale régionale n’a rien conservé de ce célèbre Clermontois, qui légua 3 000 livres aux pauvres de son Hôpital général. Sa maison natale a été rasée en 1908 pour mettre en valeur la nouvelle façade de la cathédrale, 6 ans avant que la Manufacture Michelin ne décide de démolir le château de Bien-Assis pour créer l’usine des Carmes. Quant à l’église Saint-Pierre où il a été baptisé, elle a été détruite à la Révolution. Paris fait à peine mieux : Blaise Pascal, qui avait voulu que son corps repose dans la fosse commune, comme un pauvre, a été inhumé dans les caveaux de l’église Saint-Etienne-du-Mont, non loin du futur Panthéon, qui n’a conservé de cet événement qu’une modeste plaque sur l’un de ses piliers.

Photographie : Blaise Pascal par Augistin Pajou 1779 (Terre cuite) Musée d'Art Roger Quilliot

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