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Adélaïde d’Orléans, maîtresse de Randan

Au début du XIXe siècle, la sœur du dernier roi des Français a aménagé pour sa famille un lieu de villégiature à Randan, dans le Puy-de-Dôme. Loin du pouvoir, ce vaste domaine devait être un endroit paisible pour des personnages aux destins bouleversés par la Révolution.

Adélaïde d’Orléans, dite « Madame Adélaïde », est née au Palais-Royal à Paris le 23 août 1777. Elle a une sœur jumelle qui mourra en 1782. Elle est la jeune sœur du futur roi Louis-Philippe, chef de la branche cadette des Bourbons, descendant de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV. Les prétentions au trône de cette partie de la famille ont longtemps été tempérées par des avantages financiers. Leur mère est par ailleurs l’héritière de l’immense fortune dite « des bâtard de Louis XIV ».

Une éducation progressiste

Le père d’Adélaïde, Louis-Philippe d’Orléans, est un progressiste, admirateur des institutions anglaises. A partir de 1782, il a confié l’éducation de Louis-Philippe et Adélaïde à Madame de Genlis. Cette préceptrice est intéressée par les idées philosophiques des Lumières, qui conduiront à la Révolution. Aux traditionnels principes d’éducation des princes, elle mêle les idées nouvelles émises par Rousseau sur la pédagogie. Ainsi les enfants apprennent les langues, visitent monuments et manufactures, font des travaux manuels, du jardinage…

Élu député de la noblesse en 1789, leur père est du groupe des 47 qui se rallient au Tiers-État en juin pour former, par la suite « l’Assemblée Nationale », qui va dans la foulée rédiger une Constitution pour tempérer l’absolutisme royal, abolir les privilèges, créer les départements, adopter la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Après la proclamation de la République, c’est sous le nom de Philippe Égalité qu’il est élu à la Convention nationale de 1792. En se prononçant pour la condamnation à mort de Louis XVI, son cousin, il choque jusque dans les rangs révolutionnaires. Mais son fils aîné – le frère d’Adélaïde est alors titré duc de Chartres – participe à un projet de restauration de la monarchie. Rendu suspect, Philippe Égalité est guillotiné. La famille contrainte à s’éloigner de Paris se disperse, pour ceux de ses membres qui ne sont pas assignés à résidence. Enfants de régicide, la fratrie ne bénéficie d’aucune sollicitude de la part de l’aristocratie. Louis-Philippe se cache dans le nord de l’Europe avant de s’exiler aux Etats-Unis en 1796, puis en Angleterre en 1800.

Adelaïde d'Orléans, maîtresse de Randan

22 ans à travers l’Europe

De son côté, Adélaïde va vivre 22 ans d’exil. Elle part en 1791 avec Madame de Genlis, en Angleterre, où elles restent un an avant de gagner la Belgique. En 1794, Adélaïde alors âgée de 17 ans, est recueillie par sa grand-tante, la princesse de Conti, elle-même exilée à Fribourg en Suisse. Mais en 1797, à la demande du Directoire, le gouvernement suisse expulse les émigrés. La princesse, Adélaïde et leur suite s’établissent à Landshut en Bavière. Au printemps 1800, les deux princesses fuient les troupes françaises de Napoléon Bonaparte et s’installent à Presbourg, en Hongrie. L’année suivante, Adélaïde rejoint sa mère à Barcelone, où elle s’est réfugiée après sa libération. Enfin, elle retrouve son frère aîné en 1808 en Angleterre.

Après l’abdication de Napoléon Bonaparte, en 1814, Louis-Philippe quitte Palerme où il s’est installé depuis son mariage et rentre à Paris. Il y récupère sa demeure, le Palais-Royal. Restée célibataire, Adélaïde est désormais à ses côtés. Pendant la Restauration, elle contribue à rallier des libéraux autour de son frère, qui gagne en popularité.

Un refuge à Randan

Après le décès de sa mère en 1821, Adélaïde achète un domaine à Randan (Puy-de-Dôme). Il a l’avantage d’être contiguë à la forêt de Montpensier, propriété de la famille. On rapporte que son frère l’a encouragée dans ce projet pour disposer loin de Paris d’un refuge, en cas de danger. Adélaïde fait créer une briqueterie puis commande à l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine l’agrandissement du château existant, la construction de dépendances et l’aménagement d’un parc de 110 hectares… Pendant 25 ans, les travaux sont continuels pour améliorer ce lieu de villégiature familiale. Elle achète même, pour le transformer en rendez-vous de chasse, le château voisin de Maulmont, à Saint-Priest-Bramefant, en 1829.

En raison de l’ascendant qu’elle avait sur son frère, on a surnommé Adélaïde son « égérie ». Il semble qu’elle l’a fortement influencé pour qu’il accepte la couronne. Roi des français, Louis-Philippe ne viendra plus à Randan mais il manifestera le désir de s’y retirer après son abdication en février 1848, ce qu’on lui refusera, le contraignant à l’exil. Mais Adélaïde n’assistera pas à ces événements : elle s’est éteinte le 31 décembre 1847 au Palais des Tuileries, à Paris.

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